Who are you MAMAMOKUM ?

sadie and daisy

Sadie Greenhalgh, 43 ans, Néo-Zélandaise s’est installée à Amsterdam il y a 14 ans, un mari dutch, trois enfants, Ember, Bowie, Daisy et une passion : le tissage. Here in english

En septembre dernier après sa dernière grossesse, Sadie réfléchit à sa vie, à ses envies et se pose les bonnes questions. Qu’est-ce qui lui plaît vraiment dans la vie, qu’est-ce qu’elle peut faire professionnellement tout en ayant 3 enfants à élever ? La vie de bureau, avec ses contraintes et sa routine ? Oh que non, finie et impossible pour elle d’y revenir. Alors quoi ?

Sadie a une passion de longue date, Sadie s’intéresse au portage des enfants, elle a porté les siens, devant, sur le dos, sur le côté et est convaincue que c’est le meilleur pour eux surtout à Amsterdam où les trottoirs se font rares, voire inexistants. Exit la poussette. A la question posée, une réponse évidente s’est imposée : tisser. Apprendre à tisser, à tisser des écharpes de portage. wrapsC’est décidé, elle se lance, elle se donne 6 mois, investit dans un métier à tisser, du fil, une pile de bouquins techniques et la voici bachotant et apprenant seule les techniques ou en geek sur des communautés facebook de tisserandes. Encouragée par son mari, elle s’installe dans une petite pièce de son appartement, et avec le peu de temps qu’il lui reste, elle tisse le soir ou la nuit. Assise sur un tabouret recouvert d’une peau de mouton blanche en guise de coussin elle se met à tisser comme elle jouerait du piano, composant la musique de motifs qu’elle a dans sa tête. Un projet de femme, maman, wonderwoman qui ne veut pas rester dans le moule de la femme au foyer. Elle a compris qu’avoir des enfants nécessitait sa présence mais elle a compris aussi qu’elle devait s’accomplir au-delà des frontières familiales. Difficile de concilier les deux mais elle y arrive et prouve que quand on veut on peut. Le résultat est impressionnant, la patience qu’elle y met, le coeur, la créativité sont bluffants. A l’aide de fichiers excel elle crée ses motifs, ses couleurs et compose environ 800 lignes de fil.  Il lui faut 2 ou 3 semaines rien que pour installer les fils sur le métier, la partie la plus hardue, après, comme elle dit, il n’y a qu’à tisser. Modeste, elle a du mal à parler de travail à propos de son activité c’est un travail pourtant, certes peu commun, certes avec des horaires aménagés à la maison mais Sadie travaille. Elle fait partie de ces nouvelles mamans qui décident d’arrêter leur travail traditionnel (souvent peu épanouissant et manquant de sens) pour s’occuper de leurs enfants et qui ont autre chose dans la tête que lait/couche/lait/couche. Preuve qu’on peut élever, éduquer ses enfants en restant femme, artiste, mère, et en devenir chef d’entreprise en gardant un dos bien droit.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières non ?

mini métier à tisser

Version mini, un métier à tisser pour sa fille Daisy, 6 ans, une tradition qui se transmet.

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Version Sadie, son métier à tisser (« loom » en anglais)

LA MARQUE / SIGNIFIANT/ SIGNIFIE

Mokum, c’est l’ancien nom d’Amsterdam en yiddish qui signifie au départ « abri » (le dialecte de la ville emprunte pas mal de mot au yiddish mais c’est une autre histoire). Les 3 croix, c’est le symbole d’Amsterdam (cf mon article) mais c’est aussi le chiffre 3 comme ses 3 enfants, le symbole geek des bisous en anglais et aussi, dans leur dessin même, les 3 croix rappellent le motif du tissage. Des strates de signifiants forts. Ces écharpes ont le luxe d’être fait main, réellement à la maison, à Amsterdam et coûtent en moyenne 90 euros par mètre ( tout dépend du tissu, coton, lin, laine ou soie) et sont en attente de label et de législation sécuritaire européenne et américaine. Dès que toute cette partie sera réglée, je vous en informerai. En attendant, Sadie a un facebook, et pour les fans peu stressés par les normes obligatoires vous pouvez lui en acheter directement en attendant le shop online.

 

image_6OLYMPUS DIGITAL CAMERAphoto (1)Sadie, Ember sur le dos en train de tisser une nouvelle écharpe. Pas de temps à perdre, les journées sont trop courtes.

Merci Sadie pour ton accueil chaleureux et pour avoir partagé avec moi un bout de ton travail.

all the photos are ©copyright henriette simon, thanks for asking before using 😉

Who are you Kidscase ?

introduction

Quand j’ai découvert Kidscase, je ne pensais qu’à rencontrer les créatrices de la marque de vêtements hollandaise pour enfants. J’ai réussi, pari gagné. Et je suis encore émerveillée par la justesse des coupes, la qualité du coton biologique, les imprimés toujours discrets et tellement délicats. Un bureau un peu en dehors du centre d’Amsterdam, réconfortant car entouré de nature et de calme. Jacqueline et Merel me reçoivent naturellement et je ne suis pas sans rougir à l’idée de les questionner. Jacqueline est la créatrice et la designer, Merel (dont le prénom signifie « merle ») est chargée du marketing et de la communication. Elles me laissent faire quelques photos et découvrir l’été 2015. Merel se prête au jeu des questions. Fabuleux. Here in english


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Jacqueline van Nieuwkerk et Merel Verbrugge (alias Kidscase) photographiées par Henriette Simon

Cet hiver nos enfants s’amusent en Kidscase. Une sélection Henriette Simon à retrouver sur leur shop online, portée avec des bottes de pluie Bergstein… Suivie des photos de la collection hiver 2014 par Flannery O’Kafka :
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Un aperçu de ce qui se prépare pour l’été 2015, des pois, des rayures, des couleurs douces (par Henriette Simon):

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INTERVIEW// IN ENGLISH PLEASE

Henriette : Kidscase, ça a démarré comment ? Vous avez toujours travaillé pour l’univers enfant ?

Merel : Au départ, en 2000, nous voulions lancer une boutique en ligne multimarque. Mais nous étions trop en avance : les femmes n’achetaient pas trop sur internet (aujourd’hui elles y font quasiment tous leurs achats). A ce moment-là, Jacqueline développa une petite collection bébé. Collection très bien reçue par le public en raison des coupes, des couleurs et des matières. Nous avons donc décidé de développer la ligne. Cela s’est avéré efficace et la marque s’est agrandie… Avant le projet Kidscase, Jacqueline avait une marque de prêt-à-porter hommes/ femmes et je travaillais en freelance en communication et marketing, en relation avec le public (pr). On s’est rencontrées par un ami en commun.

La collection s’adressait aux familles qui vivent en ville ou proche banlieue, souvent à des parents ayant un emploi créatif ou une affinité avec la musique, l’art et le design. C’est d’ailleurs toujours le cas.

H : Vous travaillez ensemble sur tout ou chacune de vous a un rôle spécifique dans les collections ?

M : Jacqueline a toujours conçu la collection et suivi la production. Aujourd’hui elle travaille avec un co-créateur et un directeur de production.

J’ai toujours été en charge des ventes et de la communication. Aujourd’hui je travaille avec un directeur des ventes pour les Pays-Bas et un administratif.

Nous  avons divisé notre travail très distinctement, nous avons toutes les deux un sacré caractère, on discute des collections ensemble, de la conception à la production, en lien direct avec les ventes. Nos deux rôles sont très liés et l’une ne va pas sans l’autre ! On échange mais on n’empiète pas sur les plates-bandes de l’autre. C’est important.

H : J’ai vu que vous donniez des noms à vos vêtements. Pour cet hiver, pas de chiffres, mais Gena, Oliver, Tad, Ford, Rock… Comment trouvez-vous l’inspiration, le cinéma, la musique ?

M : Oui, nous les choisissons généralement  de manière assez intuitive, pas de brainstorming qui dure des heures. Ça peut être des noms de stars de cinéma des années 30’ ou 50’, des musiciens de jazz, des artistes ou des enfants proche de Kidscase.

H : Si vous mettez de la musique ou un son sur votre collection hiver ce serait quoi ?

M : Difficile ! Nous avons des goûts totalement différents en musique! Jacqueline est plutôt auteurs-compositeurs et moi j’aime la soul et le jazz. Nous pourrions nous retrouver au milieu, une musique aérienne, légère avec une touche de mélancolie? Peut-être parce que notre collection hiver a une atmosphère d’été indien, où l’été se déplace lentement vers l’automne.

H : Comment choisissez-vous vos gammes de couleurs?

M : L’art nous inspire énormément, parfois nous choisissons notre gamme en suivant toutes les couleurs d’un tableau, nous pouvons également être inspirées par les couleurs des collections de créateurs p-a-p haut de gamme.

H : Nous pouvons voir sur vos photos de collections que les enfants sautent, jouent, courent. Ils ne sont pas dans un studio classique en train de poser. Prenez-vous cet élément de réalisme en compte lors de la conception de vos vêtements? Et qui est votre talentueux photographe de campagne?

M : Oui, nous voulons que les vêtements aient une sophistication subtile et confortable, grâce au choix des matières, aux détails et à la coupe. En premier, vous voyez la beauté du bébé ou de l’enfant, c’est après que vous voyez que les vêtements subliment cette beauté originale.

Nos vêtements ont un style simple et respectent la personnalité de l’enfant, ses mouvements et sa créativité. Ils se mélangent très bien avec d’autres éléments que les enfants ont déjà dans leurs placards.

Pour la photo, nous voulons être réalistes: cheveux naturels et sourires, nous voulons des visages expressifs et des paysages naturels ! Le style barbie sophistiquée, ça n’est pas pour nous. Dans le passé, nous avons travaillé de nombreuses saisons avec la photographe néerlandaise Annemarieke van Drimmelen. Pour les deux dernières saisons, nous avons travaillé avec le photographe américano-écossais Flannery O’kafka. Tous les deux savent capturer l’essence et l’atmosphère de notre ligne.

H : Pouvez-vous me donner le nom (titre) d’un livre pour enfants néerlandais à lire avant de quitter le pays? J’apprends le néerlandais avec des livres pour enfants et je suis sure que mes lecteurs aimeraient lire un nouveau livre!

M : Floddertje par la célèbre écrivaine Annie M.G. Schmidt : les aventures d’une petite fille coquine appelée Floddertje et de son chien Smeerkees. Illustrations de la très célèbre Fiep Westendorp. Pour tous les âges, et très Néerlandais…

Jacqueline et Merel, Merci pour votre patience et votre accueil si doux !

 

 

Who are you Anne-Claire Petit ?

ANNE CLAIRE PETIT

PORTRAIT
Anne-Claire Petit est douceur et gentillesse, à l’image de toute son immense famille en crochet. C’est avec un plaisir immense que j’ouvre cette nouvelle rubrique « Qui êtes-vous… », une rubrique qui tentera d’aller à la rencontre de personnalités néerlandaises. Créatrice modeste, on la connaît pour ses peluches, ses hochets ou ses boîtes à musique qui ont tous pour dénominateur commun le crochet. Anne-Claire Petit vit à Amsterdam et m’accueille aujourd’hui dans son show-room derrière ses lunettes et sa chienne hongroise « Wies » qui inspire pour sûr ses collections. Je me sens à la maison. Tout en buvant un cappuccino, elle me raconte sa naissance à Breda, ses études de design textile à Eindhoven et son passage à l’univers enfant. Tous ses trésors en crochet sont uniques, fabriqués dans des matériaux respectueux de l’environnement par des femmes de Chine du nord.  Je suis fan et fière de voir les coulisses de son travail.

Entourée de prototypes tenus secrets, elle travaille en équipe et développe sa collection maison dont on peut voir un échantillon sur son site internet. De la couleur, de la couleur, de la fantaisie, des formes improbables comme ce radis géant ou ce homard vermillon. En super bonus, Anne-Claire Petit nous offre des collaborations exclusives, comme avec les auteurs jeunesse Marc Boutavant (Mouk) ou Alain Grée (Rémi et Capucine).

5 choses à retenir :

– Malgré le nom qui prête à confusion, Anne-Claire Petit (ACP) n’est pas française mais bien néerlandaise (des ancêtres belges quand même), et ce n’est pas un pseudo pour coller à la cible marketing enfant.

– ACP aime aller en vacances en Italie, en Ligurie pour être précise (au Nord-Ouest de l’Italie, mer et montagne réunies, le top) et adore Paris, of course.

– On peut croiser ACP à vélo dans les rues d’Amsterdam, avec ou sans Wies, son troisième enfant après ses 2 fils, c’est elle qui le dit ;).

-Elle n’a pas encore testé ma version de la dutch appeltaart. Pour l’instant elle préfère la tarte aux pommes française, apparemment son mari a une super recette…

-Petite, ACP ne jouait pas trop à la poupée, comme tous les kids du pays, elle était plutôt dehors. Ça ne l’a pas empêché de créer SA version de la poupée en crochet.

Ses 3 coups de ♥ du jour :

– la reine Maxima.

–  « aan de Amstel« , un restaurant très très bon avec des trophées tête de cerf aux murs, Weesperzijde 42 A, au sud-est, pas si loin de chez Hartog pour les gourmands.

-Le BeatrixPark (au sud de la ville), romantique et peu connu mais qui gagne à l’être !

Encore Merci à Anne-Claire Petit pour s’être prêtée au jeu et pour m’avoir si bien reçue. On trouve ses objets dans 45 pays et sur internet, pas de boutique en nom propre pour le moment donc partez à la chasse !interieur

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Anne-Claire Petit l’air rusé, comme son renard roux en crochet
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