Sharpsharp, trop bon, trop sain.

sharpsharp

Sharp, argot d’Afrique du Sud pour saluer ou pour exprimer son enthousiasme, doublé, répété, sharp-sharp : effet happy renforcé, on pourrait le traduire par Lekker en dutch non ?

Découverts au Sunday market de Westerpark, Renate et Frank, jeune couple de pâtissiers, sont surprenants. Ils ont décidé de cuisiner sans gluten, sans lactose et sans sucre. Défi pour du sucré. Mais pari remporté, les dattes et le sirop d’érable remplacent le sucre, les céréales apportent le consistant, et les fruits ou le chocolat sont mis en valeur par les épices. Pour l’instant ils n’ont pas encore de boutique MAIS, on peut goûter en se rendant dans le quartier du Pijp, à la Yogurt Barn et bientôt ils auront un shop online. A surveiller de très près.

Pour entrer dans le vif du sujet http://sharpsharp.nl/

Un jardin rien que pour soi

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Attention scoperta ! En me rendant à la ferme de Westerpark, le grand parc du nord-ouest de la ville, je me suis égarée dans des petits chemins parallèles menants à BOLO ( aka Bos-en-Lommer, ville jouxtant Amsterdam) et me voilà longeant un village de petits cabanons avec jardins cultivés. Ni une, ni deux, je cherche l’entrée de ce mini-village d’irréductibles pour comprendre quels genres de babos vivent reclus dans 2 mètres carrés très charmants. Là, je découvre un méga plannos de rêve : pour environ  2000 euros, un résident amstellodamois peut s’offrir une cabane du pêcheur au fond du jardin. Les règles sont simples, jardiner, jardiner, jardiner, s’occuper de mésanges charbonnières ou de hérissons en mal de campagne. Ni eau chaude, ni électricité, donc pas de wifi. Radio, musique, chien, chat, interdits, wow, rustique. Disponibles de avril à septembre, les réchauffés peuvent y dormir, enfin, à pas beaucoup je pense vu l’espace.

Bon, pour résumer, au départ ce sont des jardins ouvriers, destinés à la culture de fruits et légumes pour récolte personnelle, comme ça les travailleurs avaient de quoi vivre de leurs produits pendant 6 mois. Aujourd’hui, c’est plutôt du loisir, jardinage en prem’s.

En rentrant chez moi, je regarde ma big carte d’Amsterdam et là je vois des dizaines de jardins (Volkstuinen) en « grisé » je mène l’enquête auprès du jardin collé à Westerpark et j’apprends que c’est un grand classique néerlandais, qu’il en existe des milliers aux Pays-bas, l’idée c’est de se détendre, de kiffer paisiblement son tournoi de pétanque. bon, un point en plus de noté et une idée pour ceux qui ont la main verte. les listes d’attente pour avoir un lopin sont longues (de 2 à 4 ans) mais c’est pas grand chose sur une vie. 

Site en dutch (et plutôt méga ring’) du jardin collé à Westerpark : http://www.sloterdijkermeer.nl/

Une librairie française à Amsterdam

le temps retrouvélibrairie française amsterdam

Een Franse boekhandel in Amsterdam c’est fait car Pierre-Pascal Bruneau est là. Le sweat à capuche gris écussonné Chamonix, la chemise un poil ouverte, des yeux souriants derrière une paire de lunettes posée légèrement sur son nez, cet ancien avocat parisien a osé changer de métier. Il y a un an, il décide de quitter la capitale (courageusement) pour s’installer à Amsterdam avec sa famille et ce, pour notre plus grand bien. Très vite l’idée d’ouvrir une librairie française lui plaît et il se lance. L’avantage ? Le prix du livre est le même qu’en France, no taxe, et on peut lui commander tout ce qu’on veut, les délais sont rapides, une semaine max. J’ai testé, j’ai lu et approuvé. En bonus, un coin jeunesse bien fourni, des dvd et même des estampes à vendre.

Le Temps Retrouvé,

Keizersgracht 529 1017 DP ♥ Amsterdam

Tel : +31 6 11380291

Mardi : 14h-18h30

Mercredi/jeudi/vendredi : 10h/18h30

Samedi : 11h-18h

Fermé le lundi et le dimanche

Culture pop : ALLES IS LIEFDE

Littéralement « tout est amour » « all is love », ça ressemble à de l’anglais, non ?  Le dutch c’est de l’anglais, bon, ancien certes, mais l’anglais vient du dutch de toutes façons, non ? Allez un petit effort et fin de théorie. Pour une culture dutch populaire il faut avoir vu le film « Alles is Liefde », un genre de « Love Actually » dutch avec une légère touche gay friendly que les Français n’osent pas trop aborder dans les films grand public. La fête de Sinterklaas est le prétexte narratif, Amsterdam, le décor. De quoi avoir un aperçu de la dutch attitude. Pour cette semaine de la francophonie je propose donc d’ouvrir ses oreilles naïves et d’écouter le doux chant guttural du dutch dans ce film un peu daté mais que tout néerlandais a déjà vu.

 

Rembrandt 12 février/17 mai 2015 Rijksmuseum

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Bethsabée au bain et la lettre du Roi David, 1654, Rembrandt Harmensz van Rijn

Rétrospective. Late Rembrandt (ou Rembrandt tardif en français), les dernières années de création d’un des rares peintres que l’on nomme par son prénom. Promesse tenue. Sublime. Venue de Londres, l’exposition est imposante et le peintre chez lui. Des gravures, des dessins, des toiles écrasantes de beauté. Rembrandt puise son inspiration au cœur de sa maison, il se peint lui-même, prend la pose en Saint-Paul, croque son fils Titus et nous raconte des histoires comme celle de Bethsabée et du Roi David. Lettre à la main, Bethsabée quittera-t-elle son mari aux mots du roi fou d’amour ? Sa dernière servante se prête au jeu et nous offre une Bethsabée de chair, presque palpable.Une lumière éclatante, des visages marqués de rides, d’ombres. Une peinture vivante. De loin, certaines gravures deviennent photos, portraits instantanés. Du génie.

Bon à savoir : big expo = supplément, avec la museumkaart, pas de queue et 7.50 en plus, et sans 25 euros.

Rijksmuseum
Museumstraat 1
1071 XX ♥ Amsterdam

Tous les jours de 9h à 17h

 

Imps and Elfs // STORE AMSTERDAM


imps contrast
Amsterdam + enfants + vêtements = Imps and Elfs.

Difficile de passer à côté de la marque quand on habite Amsterdam, qu’on a des enfants et qu’on s’intéresse un peu à ce qu’on leur met sur le dos. Traduction française : « des lutins et des elfes », bof, gardons l’anglais. Des matières douces, des couleurs franches et des coupes confortables. Sleep, Walk and Talk : 3 grandes étapes concept essentielles. Pour les nouveaux-nés, point de dentelle et de robes à volants mais plutôt des pyjamas et des brassières moelleuses. Pour les plus grands, place aux joggings, collants ou caleçons douillets et pour les plus grands, un choix infini de jeans et de sweats colorés. Chez Imps and elfs on ne taille pas en âges mais en centimètres, on peut avoir 2 ans et mesurer 86 cm ou 92 cm. L’idée est de coller à une demande et à une réalité. Depuis 1997 Fons Cohen (directeur) et Jacqueline Streng (créa) sont à la tête de cette marque confidentielle qui n’arrête pas d’évoluer et de grandir, la preuve, un nouveau site internet qui propose leur propre marque mixée avec toutes les marques amies (kidscase, veja, anne claire petit…). Une boutique mère historique basée derrière le Vondelpark. Un espace immense où les bureaux jouxtent la salle des ventes. On y trouve des vêtements de 50cm à 164cm, du mobilier, des doudous, des écharpes, des bijoux et autres accessoires car chez Imps on est pour le mélange des genres. Depuis un an, Imps a créé une ligne maison bébé, avec du linge de lit, des langes, des bavoirs et des bodys. La plupart des pièces sont en coton bio, fabriquées en Inde, avec contrôle sur place des usines et respect des travailleurs. 
imps and elfs

image2 image6Imps and Elfs

http://friends.imps-elfs.nl/

Sloterkade 41-44
1058 HE Amsterdam
020 – 346 02 00

du lundi au vendredi 9h30/18h00

le samedi 10h/18h00

Who are you MAMAMOKUM ?

sadie and daisy

Sadie Greenhalgh, 43 ans, Néo-Zélandaise s’est installée à Amsterdam il y a 14 ans, un mari dutch, trois enfants, Ember, Bowie, Daisy et une passion : le tissage. Here in english

En septembre dernier après sa dernière grossesse, Sadie réfléchit à sa vie, à ses envies et se pose les bonnes questions. Qu’est-ce qui lui plaît vraiment dans la vie, qu’est-ce qu’elle peut faire professionnellement tout en ayant 3 enfants à élever ? La vie de bureau, avec ses contraintes et sa routine ? Oh que non, finie et impossible pour elle d’y revenir. Alors quoi ?

Sadie a une passion de longue date, Sadie s’intéresse au portage des enfants, elle a porté les siens, devant, sur le dos, sur le côté et est convaincue que c’est le meilleur pour eux surtout à Amsterdam où les trottoirs se font rares, voire inexistants. Exit la poussette. A la question posée, une réponse évidente s’est imposée : tisser. Apprendre à tisser, à tisser des écharpes de portage. wrapsC’est décidé, elle se lance, elle se donne 6 mois, investit dans un métier à tisser, du fil, une pile de bouquins techniques et la voici bachotant et apprenant seule les techniques ou en geek sur des communautés facebook de tisserandes. Encouragée par son mari, elle s’installe dans une petite pièce de son appartement, et avec le peu de temps qu’il lui reste, elle tisse le soir ou la nuit. Assise sur un tabouret recouvert d’une peau de mouton blanche en guise de coussin elle se met à tisser comme elle jouerait du piano, composant la musique de motifs qu’elle a dans sa tête. Un projet de femme, maman, wonderwoman qui ne veut pas rester dans le moule de la femme au foyer. Elle a compris qu’avoir des enfants nécessitait sa présence mais elle a compris aussi qu’elle devait s’accomplir au-delà des frontières familiales. Difficile de concilier les deux mais elle y arrive et prouve que quand on veut on peut. Le résultat est impressionnant, la patience qu’elle y met, le coeur, la créativité sont bluffants. A l’aide de fichiers excel elle crée ses motifs, ses couleurs et compose environ 800 lignes de fil.  Il lui faut 2 ou 3 semaines rien que pour installer les fils sur le métier, la partie la plus hardue, après, comme elle dit, il n’y a qu’à tisser. Modeste, elle a du mal à parler de travail à propos de son activité c’est un travail pourtant, certes peu commun, certes avec des horaires aménagés à la maison mais Sadie travaille. Elle fait partie de ces nouvelles mamans qui décident d’arrêter leur travail traditionnel (souvent peu épanouissant et manquant de sens) pour s’occuper de leurs enfants et qui ont autre chose dans la tête que lait/couche/lait/couche. Preuve qu’on peut élever, éduquer ses enfants en restant femme, artiste, mère, et en devenir chef d’entreprise en gardant un dos bien droit.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières non ?

mini métier à tisser

Version mini, un métier à tisser pour sa fille Daisy, 6 ans, une tradition qui se transmet.

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Version Sadie, son métier à tisser (« loom » en anglais)

LA MARQUE / SIGNIFIANT/ SIGNIFIE

Mokum, c’est l’ancien nom d’Amsterdam en yiddish qui signifie au départ « abri » (le dialecte de la ville emprunte pas mal de mot au yiddish mais c’est une autre histoire). Les 3 croix, c’est le symbole d’Amsterdam (cf mon article) mais c’est aussi le chiffre 3 comme ses 3 enfants, le symbole geek des bisous en anglais et aussi, dans leur dessin même, les 3 croix rappellent le motif du tissage. Des strates de signifiants forts. Ces écharpes ont le luxe d’être fait main, réellement à la maison, à Amsterdam et coûtent en moyenne 90 euros par mètre ( tout dépend du tissu, coton, lin, laine ou soie) et sont en attente de label et de législation sécuritaire européenne et américaine. Dès que toute cette partie sera réglée, je vous en informerai. En attendant, Sadie a un facebook, et pour les fans peu stressés par les normes obligatoires vous pouvez lui en acheter directement en attendant le shop online.

 

image_6OLYMPUS DIGITAL CAMERAphoto (1)Sadie, Ember sur le dos en train de tisser une nouvelle écharpe. Pas de temps à perdre, les journées sont trop courtes.

Merci Sadie pour ton accueil chaleureux et pour avoir partagé avec moi un bout de ton travail.

all the photos are ©copyright henriette simon, thanks for asking before using ;)

VIVIAN MAIER / AMSTERDAM 7/11/2014 – 2/02/2015

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Dans un monde abasourdi par la folie humaine, un peu de romanesque et de poésie sont les bienvenus.

L’histoire de Vivian Maier (1926-2009) est tellement inouie et inédite que je vous somme d’aller la découvrir au Foam d’Amsterdam. Nanny à Chicago, elle a pris des centaines de photos sans jamais les développer, sans jamais les voir. Dans sa boîte noire, elle a capturé des images fortes d’une Amérique quotidienne sans que personne ne le sache. Elle meurt dans l’oubli et est redécouverte par un type curieux de l’histoire de Chicago. Trésor découvert, le monde acclame. Des cadrages puissants qui nous en disent un peu plus sur elle, sensible aux détails, aux visages, aux regards et aux courbes du hasard. Pour une fois l’encadrement est réussi (j’aime insister sur ce point car je ne comprends toujours pas les tirages brillants épinglés du Foam).

Un regard doux, discret et narratif qui la raconte, seule, silencieuse.

A voir absolument,

Horaires / tous les jours 10h- 18h / nocturne les jeudi et vendredi jusqu’à 21h

Foam photography museum

Keizersgracht 609 ♥ 1017 DS Amsterdam
+31 (0)20 5516500